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 Victory of the reason on the flesh {PV}

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MessageSujet: Victory of the reason on the flesh {PV}   Ven 3 Oct - 23:53


Découvrez Clint Mansell!




    Un échappatoire. Vite. Elle étouffait. Trop de monde. Pourquoi se sentait-elle si mal ? Pourquoi avait-elle l'impression qu'elle était la seule ici à ne pas se sentir en sécurité ? Pourquoi être la seule à ne pas sourire ? A ne pas boire en commérant sur les autres pensionnaires de Wilshire Castle ? A se sentir... totalement perdue ?
    Dans son enfance Annabel a toujours eu l'habitude de côtoyer la nature. A chaque fois qu'elle sentait que son moral migrait doucement plus bas que terre, son premier réflexe était d'inventer une excuse incroyablement bidon à sa mère pour aller se réfugier dans la forêt avoisinant sa maison. Ici, elle respirait un bon coup, inspirant l'air glacial et l'odeur de la mousse verte. Elle s'asseyait sur le lichen humide, touchait l'écorce sombre des arbres rongée par le temps. Sifflait avec les oiseaux, fermait les yeux et pensait, tout doucement.
    Quelques minutes plus tard, tâchant de ne pas s'endormir, elle regagnait le sentier qui menait à la maison, l'esprit calme et posé. Relaxé. Quand elle grandissait, elle reproduisait exactement le même manège. Parfois, elle prenait ses crayons, des feuillets, des fusains et dessinait des décors sombres, ou étaient représentées des scènes aux airs de jaquette de thriller. Ce schéma se reproduisait à chaque besoin d'évasion. Puis elle fit la (charmante) rencontre d'Edward. Et voilà. D'abord une simple balade en forêt, puis une petite sieste en communion avec la nature et ses dessins, puis des rendez-vous avec Edward. Puis le feu. Brûlant. La mort, le meurtre. Les meurtres. Et la fuite.

    Et l'hôtel.

    Ses pieds couraient presque sur le sentier menant à Dark Forest. Annabel Rice, suicidaire? Peut-être bien. la dernière fois qu'elle avait mis les pieds ici, elle s'était fait agressée par un homme fou furieux qui désirait jouer à la chasse à l'homme avec, en proie, Edward et elle. Des fois, il y a des gens qui peuvent être vraiment fous. Toqués. Complètement désorientés. Et ces gens sont parfois des vampires. V a m p i r e s. Un mythe, pire qu'une légende. Pire encore que les licornes et les loups-garous, les sorcières et les trolls. VAMPIRES.
    Et pourtant, elle était là. De retour. C'était plus fort qu'elle. L'effet que lui produisait cette forêt, c'était indescriptible... Hypnotisant.
    Elle courait, c'était sûr, à présent. Dès que les bras gigantesques de la sombre forêt s'ouvrirent et se refermèrent presque immédiatement sur elle, elle eut un frisson. Vêtue de noir, pour ne pas trop se faire voir. Cheveux attachés, yeux aux pupilles dilatées, pouls à 100 à l'heure.
    Elle caressa les troncs, comme l'enfant de la forêt. Retira ses chaussures, frôla la mousse verte de ses doigts de pied. Soupira d'aise. Elle était chez elle, enfin.
    Pourtant, chez elle, elle risquait beaucoup. Elle risquait sa vie, tout simplement. Si Edward n'avait pas été là la dernière fois pour la protéger de cette infâme créature, que serait-elle en ce moment ? Réduite à un tas de cendres ? Le corps abandonné et enterré dans la terre de cette forêt humide, vidée de tout son sang ?
    Simplement, voilà, Bella n'était pas froussarde. Le danger, l'adrénaline, quoi de mieux dans une forêt sombre et dîte hantée?
    Elle se posa contre un tronc, calée entre deux énormes racines. D'un geste précautionneux, elle sortit de son sac un bloc-note, des fusains, un mp3. Enfonçant ses écouteurs dans ses oreilles, elle commença à dessiner. Sur fond de musique à la fois douce et angoissante, mêlée de piano au soprano poignant et aux violons tranchants, ses doigts commencèrent à décrire de douces courbes. Une forêt noire. Une silhouette frêle qui semble courir et fuir quelque chose ou quelqu'un. Derrière un arbre en arrière plan, on peut apercevoir le visage anguleux d'un homme robuste et grand caché derrière le tronc. Il a des yeux à la fois sombres et ambrés, de profondes cernes.

    Annabel pose son fusain sur le lichen, empoigne son papier et l'éloigne le plus loin possible de ses yeux, les sourcils froncés, tentant d'apprécier l'ambiance. Elle sourit, ça lui convient.
    Une ombre passe. Mais pas dans le dessin. Derrière elle.
    Son pouls qui s'était jusqu'alors apaisé, s'enflamme. Elle enlève ses écouteurs, regarde droit devant elle tandis que sa main gauche pose à terre ses feuillets, elle empoigne de sa main droite, tout doucement, un canif dans son sac à main.
    Depuis ses écouteurs, la musique, sombre, froide et angoissante, continue de défiler doucement.

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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Sam 4 Oct - 1:08

    Dark Forest. Sombre. Froid. Mis à part les quelques bêtes qui y vivaient, elle semblait vidée de toute vie. Étrange impression, terrifiante pour certains, rassurante pour d'autres. Caleb faisait partie de cette deuxième catégorie. Sombre, froide, sans vie; n'était donc pas là les même adjectifs qu'on utilisait pour le désigner lui et ses semblables ?
    Le vampire marchait, ou plutôt survolait le sentier qui parcourait le bois. Tête basse, épaules voûtées vers l'avant. Une démarche, une attitude dégingandée, et pourtant si élégante, parfaite. La nonchalance des pas de l'immortel était parfaitement silencieuse.
    Caleb semblait complètement déconnecté. C'était vrai, à peu de choses près. Son esprit vagabondait, loin, très loin. Autant dans la distance, que dans le temps. Son regard vide. Il aurait pû fermer les yeux, il n'y aurait pas eu de différence. Pourtant, tous ses sens étaient en éveil. Son ouïe d'une finesse extraordinaire, son odorat irréprochable. Il semblait presque en état d'alerte; pourtant, il était seul. Inutile de se fatiguer ainsi, me direz-vous. Mais on ne change pas ses habitudes. Caleb avait souffert bien souvent à cause d'un simple manque d'attention à ce qui se passait autour de lui. S'il n'avait pas été distrait par je ne sais quoi il y a un siècle de celà, peut-être serait encore... Non, il serait mort, à cette heure-ci.
    Un sourire se forma sur les lèvres de l'Immortel, mais disparut presque aussitôt. Il releva brusquement la tête, son regard retrouva toute sa dureté habituelle, ses épaules se redressèrent. Quelque chose... Quelqu'un était dans les parages. Une odeur de sang -un humain ... Délicieux. Un vrai supplice. Caleb sentit tous ses membres se tendre sous l'effet de désir profond qui l'envahit. Elle était là. Cette humaine au sang si doux, si ... Edwin ferma les yeux et en un éclair, disparu de l'endroit où il se trouvait, ne faisant frémir la moindre feuille sur son passage.
    Lorsque les yeux du jeune homme se rouvrirent, il se trouvait caché derrière un tronc. Mince, fin, peu fiable pour cacher n'importe qui. Mais Caleb n'était pas n'importe qui. Il s'était comme fondu dans la masse. Il ne prit même pas la peine d'essayer de se camoufler le plus possible, lorsqu'il s'extirpa légèrement de sa cachette afin de mieux pouvoir observer sa belle et délicieuse humaine. Pas la peine; il était déjà invisible.

    Ses prunelles d'argent glissèrent sur Annabel, qui, probablement troublée par l'éclair blanc qu'elle avait peut-être vu passé juste devant son nez -ne serait-elle pas aussi bête et sans le moindre sens de l'observation que les autres humains ?-, venaient de relever la tête.

    Elle était si proche, et pourtant, si loin. Comme enfermée dans une cage de verre, dans une boîte qu'il ne pouvait atteindre, qu'il ne pouvait qu'admirer. Insupportable... stupide. Il lui suffirait de s'approcher, de l'immobiliser dans l'hypothèse où elle serait assez rapide pour se débattre, la mordre. La tuer. Personne n'en saurait rien. Enfin, son minable petit ami peut-être, mais ce n'était pas un obstacle de taille. Caleb serait capable de tuer bien pire pour ne serait-ce qu'une goutte du sang d'Annabel. Tellement facile, et pourtant, impossible. Elle paraissait intouchable.

    Un mince rayon de soleil perça l'épais toit du feuilles et de branches de la forêt. Un éclair d'argent brilla dans la main de la jeune femme. Une lame. Caleb porta furtivement son regard vers l'objet qu'elle serait de toute ses forces, comme si elle se raccrochait à sa dernière chance, son dernier espoir. Le coin de ses lèvres se suréleva en un rictus amusé; un canif ? Qu'espérait-elle ? Elle ne savait certainement pas ce qui était à quelques mètres d'elle. Probablement s'imaginait-elle à l'instant des scénarios sanglants, avec, comme acteurs principaux, une bête sauvage affamée & elle. Un ours ? Un loup ? Peu importe. Elle avait l'air ridicule, armée d'un couteau tel que celui-là. C'était totalement inutile, elle ne pourrait rien faire peu importe l'animal qui l'attaque, alors, un vampire...

    Mais aucun vampire n'allait l'attaquer. Aucun.

    « Aïe ! »

    Edwin se retrouvait à genoux à terre, les mains en avant pour ne pas s'écraser le nez contre le sol de terre et d'épines.
    Jouer l'humain. Maladroit, qui plus est. C'était si grotesque. Et pourtant... D'un regard, trop rapide pour être perçu, Caleb remarqua que les articulations de la main droite de la jeune femme reprenaient de légères couleurs. Son jeu était crédible. Assez pour combler la naïveté extraordinaire de simples mortels. Néanmoins, le rythme cardiaque d'Annabel ne faiblissait pas. Il tapait dans sa poitrine, résonnait dans la tête de Caleb. Terrorisant.
    Elle était terrorisé. Mieux valait en rajouter encore, encore.

    Caleb se redressa avec difficulté, une grimace peinte sur les traits de son visage. Il frotta ses mains l'une contre l'autre, en relevant la tête, parcourant de son regard l'étendue sombrement inquiétante des bois. D'un mouvement bien distinct, cette fois-ci, sa tête se tourna vers l'endroit où se trouvait Annabel. Son visage parfait, alors déformé par une grimace ennuyée, se mouva en une attitude de surprise d'abord, puis, d'inquiétude. Il laissa son regard ouvertement glisser vers la main armée de la jeune brune. Il s'immobilisa -il dut se forcer à bouger légèrement, son immobilité vampirique trop parfaite-, fixa le canif tendu gauchement vers l'avant, puis, remonta ses prunelles d'acier sur Annabel. Sa soi-disante chute parfaitement calculée, il se retrouvait pile au milieu de son champs de vision. Son regard passa de la surprise, à l'interrogation, avant de revenir à la surprise -plus apeurée que surprise, cette fois. Il dévisagea Annabel, les sourcils légèrement froncés.

    « Qu'est-ce que... pourquoi... ? »

    Insupportable. Elle était si proche de lui. Quelques mètres, à peine. Son odeur... Son sang. La chamade que battait son coeur. Caleb songea qu'il devenait de plus en plus masochiste. Ou stupide ? Il lui serait si aisé de la tuer, mais il ne le faisait pas, il n'y parvenait pas.

    Caleb recula d'un pas, le plus discrètement possible d'un point de vue humain -donc, il fit craquer bruyamment une branche et buta contre une racine-, gardant ses prunelles d'opale ancrée dans celles d'Annabel quelques secondes encore avant de glisser à nouveau vers le canif.


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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Sam 4 Oct - 21:20

    De toutes ses forces. Elle serrait le canif, comme si ce petit objet représentait sa vie. Ou sa mort. Ses jointures en étaient blanchies, sa peau sembla si tirée qu'elle devint plus pâle encore que la peau des vampires.
    Vampires. Quelle intéressante suggestion que voilà. Et si ç'en était un ? Si elle ne se faisait pas bouffer toute crue, elle pourrait, au mieux, revenir au château et dire à tout le monde que Dark Forest était réellement hantée et habituée par des créatures dangereuses. Les preuves étaient là ! Les deux seules fois ou Annabel s'était aventurée au coeur de la forêt, elle se serait faite agressée.
    Enfin, pour le moment, ne pouvait être comptabilisée qu'une seule agression.
    Pour que Wilshire Castle bannisse l'accès à la forêt, il faudrait qu'elle se fasse de nouveau traquer. Si elle pouvait s'en sortir vivante pour pouvoir, de son vivant, toucher deux mots au staff de l'hôtel, ce serait préférable.

    Un canif, c'était absurde. Que pouvait-elle faire avec une lame de cette taille là ? Si elle avait la chance de tomber sur un bourreau humain, ce serait une arme dangereuse, efficace si enfoncée dans des endroits stratégiques et vitaux. Dans le cas échéant, ce serait légèrement plus compliqué. Un animal ? Quel genre de prédateur féroce court aussi rapidement ? Un félin. Que pouvait-elle faire contre un félin ? Même pas courir. Et même pas monter dans un arbre s'il s'agissait d'un puma. Un puma dans la forêt de Wilshire Castle, pourquoi pas ?

    La musique devint de plus en plus angoissante. Bella, trop paralysée pour pouvoir effectuer ce périlleux mouvement qui consistait à lever son bras, le tendre, fourrer sa main dans son sac, appuyer sur le bouton STOP, préféra tout simplement laisser s'écouler la mélodie somptueuse qui, comme par hasard, se fit de plus en plus forte. Et que je te remette un ptit coup de violoncelle bien grave...

    « Aïe ! » lâcha brusquement une voix sombre, dans les fourrées.

    Le sursaut de Bella fut tel que le derrière de son crâne cogna brusquement sur le tronc d'arbre. Elle jurerait qu'un bout d'écorce s'était enfoncé dans sa peau.
    Dans un mouvement qu'elle désira rapide, elle leva le canif, crispée, livide, les jointures sur le point de se briser et l'échine glacée. Serait-ce un bourreau maladroit ?

    Maladroit, peut-être ; beau, en plus de ça. Un homme se tenait devant elle. Genoux à terre. Un Homme. Pas un puma, ni un ours, ni un loup : un homme. Ni un vampire ?
    Inconsciemment, sa main, tenant fermement le canif, se détendit légèrement. Le sang regagna ses jointures. Qu'est-ce qu'un homme faisait ici ? Une balade ? En plein cœur de la forêt, au même endroit qu'elle ? Bella pensait toujours être la seule cliente de l'hôtel à faire des virées aussi loin du château, enfoncée si profondément dans la forêt démente. Simplement, quelque chose lui disait qu'il n'était pas venu ici pour dessiner tranquillement en écoutant du Elfman. Il n'avait pas l'air de ça.
    Tandis que son cœur battait au rythme des ailes d'un colibri, elle fixait d'un regard terrorisé l'homme qui s'était redressé devant elle. Son visage. Si parfait. Ce visage. Cet homme. Pas n'importe lequel, c'était lui.
    Sous le coup de la surprise, Bella relâcha ses muscles, manquant de laisser tomber son canif à terre. Elle le connaissait. Ce visage anguleux, ces pommettes hautes et ce regard de lave incandescente. Ces cheveux en bataille, ces cils caressant ses paupières. Ces lèvres.
    Caleb Edwin.

    Son pouls recommença sa course folle tandis que l'homme adoptait une attitude circonspecte, inquiète, surprise. C'est alors que la situation se renversa et que les rôles s'inversèrent.
    Voyez plutôt : Annabel, frêle, et son canif, prête à découper l'ennemi ; l'homme, grand et mystérieux, qui regarde avec cet air presque affolé la lame tranchante. Mais qui était donc supposé être en état d'infériorité ?
    Annabel resta interdite de stupeur. Elle ne voulait pas lâcher ce canif. Mais cet homme... ce n'était pas n'importe quel homme. Ses yeux étaient devenus doux dès lors qu'il s'était redressé de sa chute. Ses pupilles, deux pierres précieuses auxquelles elle ne pouvait résister. Elle avait presque envie de les toucher, caresser ces longs cils sombres, passer son doigt sur cette fossette, cette cicatrice, lui dire de ne pas s'en faire, s'excuser pour avoir ne serait-ce que penser à le blesser avec la lame. Enlever cette boue sur ces genoux, lui demander si elle était la raison de sa chute... un homme maladroit, comme c'est attendrissant ! Elle ne pouvait pas résister à cette moue, elle ne pouvait pas éprouver une once de méfiance devant ce regard qui la liquéfiait sur place.
    C'était cet homme, et elle ne pouvait rien contre lui. Leurs regards s'étaient déjà croisés de trop nombreuses fois et avec une intensité bien trop puissante pour qu'elle résiste. Caleb Edwin était la raison pour laquelle elle se fichait de l'éloignement d'Edward ces temps-ci. La raison pour laquelle elle sympathisait avec Opale. La vision de ses yeux avec laquelle elle s'endormait parfois.


    « Qu'est-ce que... pourquoi... ? » murmura-t-il alors.

    Elle en lâcha son canif. Il lui sembla que le regard de Caleb brûla ses doigts quand il posait ses yeux dessus, deux soucoupes virevoltant du visage d'Annabel à cette lame.
    Il fit un pas -un pas de travers apparemment, qui fit bruyamment craquer une branche. Dieu qu'il était maladroit ! Annabel se sentit fondre. Jamais elle n'aurait cru ça de lui. A chaque fois qu'elle le croisait, il possédait cette démarche féline et délicate qui l'agaçait tant. C'était tellement rassurant.
    Son pouls se calma pour repartir au galop dès lors qu'elle se rendit compte de l'identité de la personne se trouvant devant elle.


    « Caleb Edwin ? » souffla-t-elle d'une voix quasi-inexistante. Houlà, extinction de voix ou quoi ? son timbre n'était qu'un miaulement soufflé entre deux respirations haletantes. « Mon Dieu, je pensais que vous... que tu... j'ai eu très peur ! Un éclair, blanc, et puis... toi. » Vous ? Le vouvoyer, lui ? Impossible. Elle se passa rapidement et anxieusement une main dans ses cheveux (qu'elle agita brièvement, on ne se défait pas de ses Tics du jour au lendemain), qu'elle avait détaché pour le coup. Edward lui avait toujours dit de relâcher ses cheveux et cacher son cou quand il y avait présence de vampire dans les parages. Ce n'était pas un moyen de défense mais une précaution. Laisser son cou libre alors qu'un Zéphyr passe au milieu des arbres revenait à saluer l'ennemi et lui crier "Youhou mon artère est làààà!".
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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Sam 4 Oct - 23:33

    Son regard glissait une nouvelle fois de son visage au couteau lorsque celui-ci tomba au sol, dans un bruit étrangement silencieux, étouffé par les épines de sapins et la mousse qui couvraient le sol. Le faible rayon de soleil fit briller la lame. Le regard du vampire, parfaitement crédible intégré dans son jeu, suivit le mouvement et fixa quelques longues secondes l'arme, jusqu'à ce qu'Annabel se mette à bredouiller quelque chose que même l'ouïe vampiriquement fine de Caleb eut du mal à comprendre.

    « Caleb Edwin ? Mon Dieu, je pensais que vous... que tu... j'ai eu très peur ! Un éclair, blanc, et puis... toi. »

    Il releva la tête vers elle. Sourit timidement.

    Les joues d'Annabel s'empourprèrent très légèrement, de gêne, sûrement.
    Caleb tressaillit. Ses doigts se serrèrent, sa silhouette se raidit. Fort heureusement, ce ne fut pas très flagrant. Du moins... il l'espérait. Dans le cas contraire, il pourrait toujours prétendre qu'il s'agissait de l'émotion, ou d'une autre bêtise humaine dans ce genre-là, mais il préférait tout de même éviter cette excuse. Il ne voulait pas la mettre dans son lit -d'accord, l'envie y était peut-être un peu mais ce n'était pas faisable- ou lui faire croire à de quelconques sentiments; il souhaitait juste la vider d'une partie de son sang. Rien de plus.
    Calmer cette affolement qui tordait son ventre, qui nouait sa gorge. Le libérer de ce désir trop douloureux car trop fort. À peine quelques gouttes. Caleb s'en contenterait amplement.
    Dark Forest; l'endroit était parfait. Sombre, désert, vaste. Il lui suffisait de faire un pas. Il ne la tuerait pas, elle rentrerait tout aussi vite en ville et raconterait à tout le monde que Caleb Edwin venait de la mordre au cou et s'était abreuvé au cou. Bien entendu, on la prendrait pour une folle et on lui rigolerait au nez.

    Ses yeux toujours profondément ancrés dans ceux d'Annabel, il estima les chances de la jeune femme de ne pas devenir un casse-croûte dans les minutes qui suivaient très faibles.

    Il voyait très clairement la scène. Lentement, il s'approcherait d'elle. Elle ne comprendrait pas. Il tendrait la main vers elle, jusqu'à effleurer la main de la jeune femme, qui peut-être, dans l'hypothèse où elle n'aurait pas perdu tous ses moyens en se perdant dans l'opale du regard du vampire, tenterait de reculer. Elle l'accuserait peut-être même d'être trop avenant... Mais Caleb en doutait fortement. Non. Elle se laisserait faire, trop surprise (ou charmée ?) pour esquisser le moindre mouvement. Edwin la pousserait doucement contre le tronc, ses mains de chaque côté d'elle, de manière à l'empêcher de fuir, aussi improbable que cela puisse paraître. Ses lèvres s'approcheraient lentement de celle de la brunette, au rythme de la musique poignante, angoissante, qui émanerait toujours de ses écouteurs. Il la sonnerait à coup d'haleine trop fraîche et douce pour la laisser indemne. Puis, juste avant qu'elle ne se jette furieusement sur lui pour 1) le repousser, 2) l'embrasser, il dévierait sa trajectoire vers son cou, et...

    Les prunelles grises du vampire revinrent se poser sur celles d'Annabel, desquelles elles s'étaient brièvement égarer pour glisser sur le cou de la jeune femme. Elle venait d'agiter ses cheveux, ce qui avait eu pour effet de cacher son cou et par conséquent de réprimer légèrement les ardeurs du bel immortel. Son air apeuré n'avait pas tenu bien longtemps tête au fantasme prenant du garçon, qui affichait à présent une attitude étrangement dure, froide. Seul son regard pétillait, d'une lueur que je ne saurais nommé. Un mélange de désir et de douleur.
    Il songea un instant qu'elle se doutait de quelque chose, qu'elle savait quelque chose; mais bien vite il chassa ses idées de son esprit -brouillé par l'odeur insupportablement délicieuse de son sang. C'était totalement absurde. Pour elle, les vampires ne devaient être que de vulgaires personnages de romans d'horreur, une légende, un mythe inventé de toute pièce dans le simple but d'effrayer les gens.
    Mais par contre, elle avait toutes ses raisons de le prendre pour un psychopathe. Avec la tête qu'il tirait à cet instant là, la façon dont il la dévisageait, les lèvres figées dans un discret sourire en coin, le regard bouillonnant de désir... Prenant soudainement conscience de cela, il fronça légèrement sourcils. Il baissa la tête vers le sol et porta sa main à sa nuque, qu'il massa légèrement. Un rire crispé, à peine audible, s'échappa d'entre ses lèvres. Son attitude lui paraissait tellement... grotesque, et pourtant, le belle humaine semblait ne rien remarquer. Elle buvait ses paroles, observait ses gestes comme si elle se trouvait en face d'un Dieu vivant. Note que... (H)
    Puis, il releva la tête. Un sourire timide aux lèvres, le regard un peu fuyant. Le moindre soupçon qu'aurait pu alors avoir Annabel devait à présent être oublié.
    Il en était certain.

    Un instant plus tard, Caleb détourna son regard vers le couteau -simple mesure de sécurité si la jeune femme venait à rougir-, jonchant au sol, et prononça à mi-voix quelques mots, d'une voix pas très sûre et assez embarrassée.

    « Je suis désolée, je ne voulais pas vous... Enfin, te faire peur... »

    Il remonta doucement son regard sur elle, un sourire au coin des lèvres.

    « ... Mais je me suis perdu, alors, enfin... »

    Il rebaissa la tête, gardant néanmoins son regard fixé à celui d'Annabel. L'éclat de ses prunelles d'acier changea lentement, prenant un peu plus d'assurance, plus de... charme ?
    Vraiment. C'était vraiment ridicule. Tout cela n'était qu'un jeu, bien entendu. Le vampire devait se forcer à un point inimaginable, juste pour les beaux yeux -bon d'accord, c'était plus pour son sang qu'autre chose- de la demoiselle.
    Caleb songea à cet instant qu'il avait de la chance qu'un autre vampire ne traîne pas dans le coin. Il avait l'air d'un parfait idiot. Vous vous imaginez enfin l'effet que produisait la jeune brunette sur le vampire ?
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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Dim 5 Oct - 20:25

    Edward. Elle devait penser à Edward, de toute ses forces. Il fallait, dans ces moments là, qu'il soit omniprésent dans son esprit. Qu'il ne quitte pas sa rétine, sur laquelle était pourtant imprimée à ce moment là l'image d'Edwin.
    Il fallait qu'elle tâche de se souvenir de toutes les techniques possibles de défense qu'il lui avait enseigné dans le passé. Les ruses pour déjouer les plans des bourreaux. Des chemins et raccourcis, dans cette forêt, qu'il lui avait tracé sur papier en cas de fuite et qui mèneraient rapidement au château. Il avait même eu l'idée de creuser quelques trous dans la terre à différents endroits dans lesquels il cacherait des armes, des briquets. Bella avait sourit quand il lui avait suggéré de, si sa vie était réellement en grand danger, brûler la forêt. Exactement comme ils l'avaient fait tous les deux l'autre soir quand ils avaient brûlés vif les parents du jeune homme. Elle avait sourit amèrement, lui avait dit qu'il était fou. Ils avaient eu une grande chance de ne pas s'être fait prendre précédemment. L'incendie qui s'était propagé dans toute la forêt et qui avait dévasté une partie de la faune et la flore était un acte dangereux et très sévèrement punissable.
    Elle n'allait pas recommencé. De plus elle risquerait d'intoxiquer ou tuer des innocents. Quelle idée saugrenue ! Valait mieux qu'elle meurt, elle, seule. Sans causer de soucis à personne. Elle devait penser à tout cela. Et pour penser à tout cela, elle devait avoir l'image d'Edward dans la tête, qui lui parlait en articulant exagérément. La mine sérieuse, les sourcils froncés, les lèvres pincées, qui lui intimait de se taire à chaque fois qu'elle osait s'offusquer des idées morbides qui venaient à l'esprit créatif du jeune Stewart. Elle riait parfois quand il allait trop loin et lui dessinait des croquis et des schémas de la forêt. Des zones dans lesquelles elle ne devait jamais s'aventurer sous peine de provoquer sa mort. Malgré le fait qu'elle le trouve bien trop abusif parfois, elle le laissa faire. Quand elle l'écoutait, il semblait bien plus serein. Elle promettait de ne jamais pénétrer au cœur ouest de la forêt, et se blesser, aussi. Quand on s'appelle Annabel Rice et qu'on est plus maladroite que n'importe quel être vivant sur terre, il est délicat de se balader en forêt sans s'ouvrir la paume avec une branche ou s'égratigner la jambe dans des orties. Peu importe, partout ou elle laissait son sang, il fallait qu'elle le nettoie immédiatement.
    Il fallait aussi qu'elle pense à Edward parce qu'en ce moment même, le nom de Caleb Edwin raisonnait tout entier dans sa tête. Elle détestait ces moments-là. Elle détestait sentir son cœur battre à tout rompre pour quelqu'un d'autre qu'Edward. Ce n'était pas normal. Sa conscience était mise à mal. Que penserait donc Edward ?
    Mais comme toujours dans des situations telles que celle-ci, nous avons un diable au corps qui se bat avec l'ange de notre conscience. Saviez-vous ce que le diable lui disait, à présent ? "Sais-tu, Bella, que le coeur d'Edward bat aussi fort pour Amber que pour toi?"
    Le diable d'Annabel était mesquin et réussissait presque tout le temps à donner raison à sa cause. C'est ce qui se passa ce moment là.
    Mais à vrai dire, penser au bien et au mal alors qu'un ange descendu du ciel vous regarde avec ces yeux magnétisants, c'est très, très difficile.

    Comment penser aux techniques de défense les plus efficaces quand celui qui est supposé vous agresser vous contemple avec des yeux aussi attendrissants ? Comment penser à votre petit-ami quand un homme vous regarde avec l'air d'avoir envie de vous déguster toute crue ?


    « Je suis désolée, je ne voulais pas vous... Enfin, te faire peur... » ronronna Caleb, le regard soudainement fuyant et la moue gênée.
    Silence de la part d'Annabel.

    « ... Mais je me suis perdu, alors, enfin... » continua le timbre chaud.
    Silence derechef. Les yeux de la jeune femme, deux perles couleur d'un bleu délavé, encrées dans les yeux profonds du maladroit client. Ses yeux ; deux fentes horizontales dans un visage aux pommettes saillantes. Ses pupilles ; deux volcans sur le point d'exploser. Ca y'est. La lave de ses yeux, jusqu'alors figée dans un regard frissonnant et glacial, fondit, chaude et douce, brûlante, ardente.
    La lueur embarrassée s'éclipsa pour laisser place à une toute autre lueur. Embrasée. Flambante... presque torride.
    Un frisson, démesurément brusque, fit basculer la brunette légèrement vers l'avant, les lèvres légèrement entrouvertes pour rechercher de l'air. Quelle idiote. Elle devait avoir l'air totalement paralysée. C'était ridicule.
    Mais cela faisait depuis bientôt une minute qu'elle était ébahie devant l'air avide de Caleb. C'en devenait terrorisant... affolant. Elle avait l'impression que son instinct lui criait de déguerpir. Prendre ses jambes à son cou. Vite, avant qu'il ne soit trop tard...
    Mais trop tard de quoi ? Elle devait se méfier. Elle le sentait. Les lèvres entrouvertes du jeune homme comme s'il tâtait du bout de sa langue, tel un serpent, un arôme interdit. Ses yeux qui caressaient les courbes du cou fin de Bella... descendaient jusqu'à cette lame désormais enfoncée dans la terre humide, remontaient sur la pulpe de ses lèvres... Pendant quelques secondes il semblait qu'elle tenait devant elle un tableau ou était peint, figé, un prédateur qui guette sa proie.
    Mais alors qu'elle semblait succomber à sa peur, le sourire, embarrassé et irrésistiblement timide du jeune homme vint souffler sur ses inquiétudes comme un vent balaie le feu.
    Dans son mp3, les violon s'embrasaient. Cris de corde aigus, notes tranchantes de piano.

    Annabel ferma les yeux un instant, se rappelant de respirer. Il serait idiot qu'elle tombe dans les pommes. Durant cette courte seconde, elle tâcha de se rappeler ce que Caleb avait répondu.


    « Perdu ? » fit-elle en rouvrant les yeux. « C'est drôle, je pensais que vous étiez un habitué. Même moi, je ne me perds même plus dans Dark Forest. »
    Elle sourit. Ou plutôt, eut un semblant de sourire durant lequel ses lèvres s'étirèrent doucement, hésitantes. Tout en parlant (ou plutôt en miaulant) elle se mit debout, dans un mouvement maladroit. Cela faisait de très longues minutes qu'elle était restée assise dans la même position, ses membres étaient engourdis. Se passant une énième fois la main dans ses cheveux, elle tâcha de reprendre ses esprits. « Annabel Rice », se présenta-t-elle en avançant de quelques légers pas, intimant mentalement à son imbécile de cœur de cesser sa chamade. La distance entre leur deux corps se réduisit. Elle tendit alors la main.
    Mais pas pour la lui serrer. Elle n'était pas un bonhomme, nahméoh !

    « Votre pull... est coincé » bredouilla-t-elle en frôlant la manche de l'homme de ses doigts fins et chauds. Le pull avait dû lui coûter une fortune et voilà qu'en tombant il se l'était coincé dans la branche de l'arbre sur lequel il avait trébuché. Pauvre Caleb, ce ne devait pas être facile tous les jours d'être aussi maladroit, Bella en savait quelque chose. (a)
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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Dim 5 Oct - 22:21


    « Perdu ? C'est drôle, je pensais que vous étiez un habitué. » Caleb haussa légèrement les épaules, un bref sourire aux lèvres et détourna timidement son regard vers les alentours. « ... Même moi, je ne me perds même plus dans Dark Forest. »

    Les prunelles teintées d'argent du vampire, parties dans un balayage des environs, se figèrent au niveau d'un tronc, démesurément large. Ainsi, elle était venue ici consciemment, alors que le temps se faisait menaçant. Alors que Dark Forest avait la réputation d'être hantée (quelle idée stupide ! comme si les fantômes existaient...). Alors que son sang semblait si délicieux qu'il en devenait un vrai supplice. Lentement, Caleb tourna la tête vers elle, son visage à nouveau dominé par ses envies et ses instincts. Pauvre petite idiote.
    Ses traits se radoucirent aussitôt que le jeune femme releva les yeux vers lui, qu'elle avait auparavant détournés pour se relever, sans poser ses mains sur je-ne-sais-quoi qui serait susceptible de l'écorcher. Sage décision.
    Sitôt fut-elle debout, elle se présenta. Annabel Rice. Je sais, songea Caleb. Il sourit doucement, feignant un brin d'embarras. Il préférait savoir le nom de ce qu'il s'apprêtait à goûter.

    « On peut peut-être se tutoyer, non ? On ne doit pas avoir une grande différence d'âge... »

    Juste un petit siècle de rien du tout. Un sourire tout à fait charmant redessina le coin des lèvres du vampire. Et vas-y que je te sonne à coup de sourires stupides, de regards pitoyablement doux, d'intonations mielleuses; Caleb avait explosé son cota de niaiserie en quelques minutes à peine. Mais, à en juger par la tête de la jeune femme, qui, bouche bée, l'observait avec de grands yeux brillants et avait visiblement de la peine à rester consciente, le jeu en valait la chandelle. Le sourire du garçon s'élargit, découvrant ainsi pour la première fois sa dentition parfaite. Une arme redoutable... De séduction.

    Et Annabel eut la mauvaise idée de faire un pas vers lui. Immédiatement, le vampire se tendit, son sourire se crispa, il cessa de respirer. Le mauvais sort s'acharnerait-il sur lui ? Ce ne serait pas la première fois, en même temps, mais il espérait réellement que ce ne serait pas le cas. Si elle continuait de s'approcher, il finirait par la tuer. Et ça, il ne voulait pas. Il voulait déguster, juste lui prendre de quoi calmer le désir qui brûlait ses entrailles et la laisser repartir ensuite. Dans sa vie de mortel, il avait toujours dû faire avec très peu de moyens, il avait donc appris à se contenter de très peu et cette habitude lui était resté après sa transformation. Quelques millilitres et il la laisserait repartir. De plus, il aurait ainsi l'occasion de goûter encore et encore au délice de son sang, et ainsi...

    Non. Il ne la tuerait pas. Il ne goûterait pas à son sang. Pas aujourd'hui, du moins. L'occasion était belle, la situation idéale, mais la tension était devenue bien trop forte pour que Caleb soit sûr de savoir maitriser ses impulsions et ne pas tomber dans la gourmandise. Il ne la toucherait pas. Il se le jura, il le lui jura, ses iris brûlantes d'envie fichées dans les siennes.

    Mais pourquoi diable tendit-elle alors la main vers lui ? Était-elle masochiste, suicidaire, stupide ? Non, juste ignorante. Ignorante du danger qu'elle encourait en voulant le toucher. Elle s'amusait à saper ses résolutions, jeu qui mettait sa vie en gage, sans le savoir. Une sorte de roulette russe, où la balle serait les dents aiguisées du vampire, et la gâchette, les doigts tendues de la jeune femme.

    Caleb tenta de maîtriser au mieux son apparence, mais figurez-vous qu'il commençait à avoir un peu trop de choses à maîtriser en même temps. Et puis, d'un côté, il était persuadé que Annabel préférait le voir avec une véritable tête de constipé psychopathe, que de se vider de son sang. Alors, il n'y mit pas trop d'effort. Ses mâchoires se crispèrent, son sourire disparut. Il vint mordiller sa lèvre inférieure, très légèrement (n'oublions pas que ses quenottes sont plus tranchantes que des lames de rasoirs, même pour lui !). Il était tendu comme un ressort, on avait l'impression qu'il suffisait d'un petit coup de vent malencontreusement dirigé, et hop !, plus d'Annabel.
    Note que, ça n'avait absolument rien d'absurde.
    La tension qu'émanait le vampire était si grande que n'importe qui s'en serait rendu compte. Et pourtant. La jeune femme n'arrêta pas son geste, et, au lieu de fuir en gesticulant et en criant au secours, effleura la manche du pull du garçon. Il songea à disparaître, aussi vite qu'il serait arrivé. Bien sûr, il y avait pensé avant, lorsque le parfum sanglant de la jeune Rice avait commencé à lui faire tourner la tête, quelques minutes plutôt, mais il s'était alors dit qu'il parviendrait facilement à garder ses moyens, du moment qu'elle ne se jetait pas littéralement à son cou... Sauf que ce fut ce qui se passa, ou presque. Sans décrocher ses prunelles du visage d'Annabel, qui, elle, avait baissé les yeux, il estima ses chances de parvenir à faire le moindre geste sans la tuer.
    Nulles.

    « Votre pull... est coincé », murmura-t-elle. Caleb ne l'écouta pas. Il ne l'entendit même pas. Va-t-en, disparaîs, cours et ne te retourne pas; il aurait tant voulu lui crier ça, aussi bizarre cela puisse-t-il paraître de la part d'un garçon qui, quelques minutes auparavant, fantasmait sur la façon de laquelle il allait s'abreuver de son sang. Pourtant, cette phrase résonnait bel et bien dans sa tête, forte, si forte qu'elle en devenait assourdissante. Il avait tant envie de lui dire, de lui prononcer ces quelques mots qui, il l'espèrait, suffiraient à effrayer la jeune femme. Mais seulement voilà, pour parler, il fallait qu'il entrouvre ses lèvres, alors pincées, ce qui signifiait que ses dents retrouveraient leur liberté. Et qui dit libre dit succombe. Il la tuerait, sans aucun doute.
    Son regard se fit glacial, et paradoxalement, toujours plus brûlant de désir. Étrange impression, d'autant plus inquiétante lorsque le bleu clair de son regard sembla s'assombrir, presque jusqu'à devenir noir. Si seulement Annabel avait assisté au brusque changement de teinte des iris du vampire ! Elle aurait pris peur et se serait enfuie. Enfin... Rien n'est moins sûr, en connaissant le masochisme et les tendances suicidaires de la jeune brune, elle aurait peut-être bien pu s'émerveiller et s'extasier devant lui, le complimentant sur la teinte extraordinaires de ses prunelles, approchant son cou à quelques centimètres à peine de lèvres douloureuses de Caleb...
    Non. Ne pas penser à ce qui se serait passer dans ce cas là. Le vampire lutta contre les images qui tentaient de dominer le chao de son esprit, menaçantes, dangereusement détaillées. Il ne devait pas, il ne le pouvait pas.
    Très, très lentement, Caleb esquissa un geste, si discret qu'on ne l'aurait pas remarqué si on n'y avait pas fait attention ou, comme dans le cas présent, on n'était pas à moins de 30 centimètres, et qui pourtant suffit au fameux pull pour qu'il se décroche de la branche, sans la moindre égratignure. Le geste était fabuleux, et pourtant, très risqué. Il avait osé ordonner à quelques muscles de se mouver. C'était réellement très dangereux, non pas pour lui, mais pour elle. Il risquait à présent de ne plus contrôler son corps, son envie, son instinct. Il allait la tuer.

    Caleb fixait toujours Annabel avec une intensité insoutenable. Insoutenable. C'était le mot parfait, pour décrire la situation. Les doigts de la jeune femme s'attardèrent une demie-seconde de trop sur la manche du vampire. Sa main s'empara du poignet de la jeune femme, d'un geste brusque et pourtant d'une finesse et d'une douceur exemplaires. Sans souffrance, mais avec force, Caleb la tira contre lui et... L'instant d'après, elle se retrouvait plaquée contre le tronc d'arbre démesurément large de tout à l'heure. Les poignets fermement maintenus par le vampire, quasiment collé à elle. D'un point de vue vampirique, la situation n'était pas forcément la même que d'un point de vue humain. D'un côté, il pouvait la mordre; de l'autre, il pouvait... Je ne sais pas, l'embrasser ?

    Désormais maître de la situation, Caleb put mettre de l'ordre dans son esprit. Ses idées, doucement, se replacèrent. Il se détendit, lentement, très lentement. Ses prunelles restaient plantées dans celles de la jeune femme. Peut-être pouvait-il encore changer la donne. Peut-être ne mourrait-elle pas. Sa dernière chance.. Leur dernière chance. Pour elle, de rester en vie; pour lui, de tenir sa promesse.
    Alors, il tenta. Un sourire vint surélever le coin de ses lèvres. À nouveau stupidement humain. Son regard ne quitta pas celui de la jeune femme. Le vampire mit à profit son envie de la manger, pour le faire sembler devenir désireux... De son corps et non plus de son sang. Ses mains, maintenant alors ses poignets, glissèrent jusqu'à ses paumes - il n'eut étrangement pas trop de mal à la maintenir en place, c'est bizarre (a). Il entrelaça lentement leurs doigts, serrant fermement ses mains dans les siennes. Le temps était plutôt frais, la froideur de ses mains passeraient peut-être inaperçue.
    Il parvint finalement à détacher son regard de ses prunelles, pour le laisser, doucement, presque avec timidité, glisser jusqu'à ces lèvres (en prenant bien soin d'éviter toutes veines ou artères un peu trop visibles pour ses nerfs mis à rude épreuve). Puis, ses yeux rejoignirent ceux d'Annabel. Un éclat de malice parfaitement calculé dans le regard.

    Et il s'arrêta là. Ne bougea plus, déserra doucement ses doigts sans pour autant la lâcher. Il espéra qu'elle se débattrait -enfin !-, qu'elle le traiterait de goujat, de malpoli, de profiteur ou de je ne sais quoi, avant de s'en aller. Elle pourrait même se risquer à le gifler, si l'envie la prenait.
    Caleb préférait toujours ça à un baiser fougueusement mortel.

      [ HJ; Voilà, c'était mon petit post... XD ]


Dernière édition par Caleb Edwin le Mer 8 Oct - 19:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Victory of the reason on the flesh {PV}   Mer 29 Oct - 23:47

    Annabel n'avait jamais été de ces filles faciles que l'on séduit en un tour de manche et que l'on met dans son lit ; substitut d'un trophée gagné dans l'estime de soi. Elle avait toujours contesté formellement ces pratiques douteuses de séduction, prônant que la beauté ne devait jamais être utilisée sur les autres comme moyen d'appât. Elle détestait ça. La jeune Rice n'avait pas été élevée ainsi, et c'est pourquoi en arrivant à l'hôtel, la première réaction qu'elle eut en observant le comportement de la plupart des hôtes fut de soupirer bruyamment en maugréant qu'elle aurait dû naître quelques siècles auparavant, quand les hommes faisaient la cour aux femmes avec de jolis poèmes et en se mettant à genoux. Tous ces sourires taquins échangés entre ces personnes de toute beauté l'écœuraient ; elle se demandait alors s'il n'y avait pas une maternité cachée non loin de WC et un centre d'adoption. Sérieusement, tout ce cinéma l'agaçait au plus haut point. C'était l'un de ces comportement idiot qui l'avait fait perdre l'amour d'Edward ; ou du moins une partie. Stewart avait eu le béguin pour cette satanée Hutcherson dès lors que leurs regards s'étaient croisés -cette pensée arracha une grimace à Bella. Tous ces froufrous, ces mimiques et ces chichis avaient eu raison d'Edward. Le coup de foudre existait-il ? Si on lui avait posé la question, Annabel aurait répondu oui. Son histoire d'amour avec Edward avait fonctionné ainsi : dès leur plus jeune âge chacun avaiet su que l'autre jouerait une place importante dans sa propre vie.
    La petite brunette était de fort mauvaise humeur depuis qu'Edward avait avoué ne pas être insensible au charme ravageur de la vipère aux yeux verts. Un rien l'irritait et ces derniers temps, mieux ne valait pas être sur le chemin de miss Rice ou vous pouviez être sûr de vous faire éjecté, et pas vraiment avec délicatesse. Cassable et fragile, la gracile Annabel Rice était revenue au stade de chaton trempé a demi noyé dans une flaque d'eau.
    Elle se sentait démunie de tout, se disputait sans cesse avec Edward qui s'éloignait d'elle et ne trouvait pas sa place dans ce grand édifice bien trop luxueux et peuplé pour elle. Elle désirait plus que tout un endroit qui l'appartiendrait, dans lequel passer ses journées à bouder, seule avec un chat sur les genoux. A la moindre émotion son self contrôle s'envolait et elle craquait, pleurant souvent pour rien.

    A cet instant, donc, vous pouvez aisément vous imaginer l'état émotionnel (et cardiaque par la même occasion) de Bella. Elle tentait vainement de compter les battements de son cœur histoire de le réguler, ou de savoir si il fallait qu'elle s'inquiète sur son état de santé. Quelques fois, elle ratait un battement. Ou alors, ses oreilles étaient tellement bouchées qu'elle ne les entendait pas.
    Elle ne devait pas succomber. Elle ne POUVAIT pas succomber. c'était impossible. En plus, c'était idiot. La première personne au monde a blâmer ces idiotes techniques de drague s'appelait Annabel Rice et n'était pas prête de se laisser prendre au jeu. C'était comme de mordre dans un mauvais fruit.


    « On peut peut-être se tutoyer, non ? On ne doit pas avoir une grande différence d'âge... » roucoula derechef la voix mielleuse.

    Annabel leva les yeux sur le visage anguleux, tenta de décrypter l'expression qui s'y peignait lentement. La fossette, celle qu'elle aimait tant, se creusa doucement dans un sourire séducteur. Alors que l'instinct de Bella lui criait de se laisser capturer dans le filet tendu par Caleb, sa conscience s'éveilla brutalement et c'en fut presque désagréable. Elle se souvint alors de sa réticence légendaire pour ceux qui abusaient de leur charme afin de parvenir à leurs fins : comme un choc, un courant électrique traversa la colonne vertébrale de la brune. L'attitude distante, prudente et mystérieuse de son interlocuteur devait probablement cacher quelque chose. Comme s'il redoutait qu'elle ne s'enfuit en courant et qu'il cherchait à la garder ici encore un peu. Comme si, de par son attitude étrange et ses mimiques corporelles, il cherchait à lui dire implicitement qu'elle avait tout à fait raison d'avoir peur.
    Pourquoi, alors qu'elle avait tant attendu un moment seul avec Caleb, pourquoi diable était-elle aussi partagée entre désir et effroi ?

    Ses doigts s'attardèrent sur la manche du pull effilé. Ce léger contact n'était en rien une caresse ou un signe de tendresse. Pourtant, de la pulpe de ses doigts, remonta un courant semblable à une décharge électrique. Une sensation à la fois brûlante et glaciale qui lui arracha un frisson.
    Mais alors que ses doigts se détachaient lentement de la manche du garçon, le fil de tissu tendu, du pull à la branche, disparut dans un mouvement presque invisible. Annabel ne cligna pas des yeux. Inutile de se demander si elle n'avait pas rêvé.
    La situation était déjà bien assez étrange pour qu'elle se demande, par quel phénomène métaphysique un fil de coton tendu d'un point à un autre pouvait se détacher sans qu'il y ait intervention du corps humain. Si elle avait voulu céder aux questions qui torturaient son esprit trop curieux, elle aurait déjà tenté de répondre à la question suivante : pourquoi diable son regard restait-il gluté à celui de Caleb sans qu'elle puisse rien y faire ?
    Mais elle s'était résolue à ne pas laisser son esprit vagabonder ailleurs que dans la situation présente.
    Elle, debout, la main tendue vers le bras d'un homme qui la regardait avec des yeux gourmands.
    Mais plus pour longtemps.
    Quelques secondes auparavant, Annabel tentait de se convaincre qu'il fallait que l'un des deux réagisse et arrête ce numéro. Elle n'eut pas besoin de prier le petit Jésus bien longtemps ; Caleb se tendit comme un félin, les muscles bandés et la mâchoire contractée.
    Alors qu'il avait jusque là totalement maitriser son apparence, il se raidit, sublime dans son rôle de lion prêt à bondir sur cette gazelle frêle qu'il n'avait pas vu venir d'aussi prêt et qu'il n'avait même pas eu à approcher de son propre chef.
    Le cœur de Bella rata un battement. Alors qu'elle ramenait son bras vers elle, inconsciente de l'avoir laissé traîner un peu trop près du garçon, ses poignets furent emprisonnés par des menottes de fer. Ca y'est, c'était trop tard. Elle allait se faire tuer. Mourir dans cette forêt. Y laisser son âme. Elle songea simplement qu'elle n'aurait jamais dû se laisser prendre au jeu.

    Dans la demi-seconde qui suivit, la jeune Rice se retrouva plaquée contre un tronc doux et large, apparemment jeune vu la propreté de son écorce. Contre elle, le corps de Caleb, dans une étreinte brusque et fiévreuse. Le souffle court, elle haleta de surprise, comme si ses poumons avaient été vidés de tout air. Mais alors qu'elle serrait les points par réflexe, elle se surprit à les détendre, ne ressentant, étrangement, aucune douleur. Elle rouvrit les yeux ; tiens, elle les avait fermés ?
    Son regard se posa immédiatement sur les mains, douces et froides qui enserraient ses poignets. Le contact était ferme et elle songea que si elle avait voulu se débattre, jamais elle n'aurait réussi à s'extirper de là.
    Aussi bizarre que cela puisse paraître, et aussi surtout parce qu'elle s'attendait à ce que ce soit douloureux et brutal, Bella se rendit compte à quel point la pression était douce. Presque délicate, pudique. La peau du garçon, alors en contact avec la sienne, lui sembla d'une douceur inimaginable. Alors, elle osa lever les yeux sur le visage de Caleb.
    Doucement, très doucement. D'abord, ce menton. Affiné, presque angulaire. Cette joue ou se portait toujours cette cicatrise creusée dans la fossette -fossette qu'il n'y avait pas en ce moment même, car absence de sourire... Ce nez, aquilin, comme sculpté. Puis les yeux. La dernière chose qu'Annabel redoutait de voir.
    Et, comme prévu, les pupilles acérées lui arrachèrent un frisson. Elle sondaient, fermes, puissantes et abyssales, les yeux d'Annabel. Un regard bestial, bouillant.
    Incapable d'articuler le moindre mot, ou même de demander à ses cordes vocales d'émettre le moindre son, elle se contenta de scruter, une lueur d'effroi dans les yeux, l'homme qui la tenait fermement contre l'arbre et lui.

    Figée. Ses muscles devinrent coton, son cerveau sembla se déconnecter.
    Les mains qui la tenaient fermement s'adoucirent en un geste presque doucereux, et les longs doigts frais vinrent crocheter les siens, brûlants et tremblants.
    Un éclat de désir traversa les prunelles à présents ardentes du garçon.
    C'est alors que tout autour d'elle sembla se renverser. Caleb le premier. Il se mit à tournoyer follement devant elle, et le paysage derrière lui suivit le mouvement. Flou. Tout devint absolument flou. Le temps parut s'arrêter.


    « Ah ! » souffla-t-elle brutalement comme un plongeur en apnée qui remonte à la surface. Idiote ! Depuis quand oubliait-elle de respirer ?!
    Bella inspira bruyamment, le souffle court, haletante.
    Hélas il était légèrement trop tard pour reprendre son souffle. Déjà, elle glissait contre le tronc, comme aspirée par le noyau de la Terre. Des étoiles noires ne tardèrent pas à tacheter le visage de Caleb et la fraîcheur des mains dans les siennes n'eurent plus d'effet face à la désagréable sensation de fourmis qu'elle avait dans tous les membres de son corps.
    Ses jambes flageolèrent et elle s'écroula au sol.


    Crac!

    Bruit de tissu qui se déchire. Annabel Rice, jeune fille ayant reçu la semaine dernière en cadeau un t-shirt hors de prix venant d'Edward, son officiel petit-ami ayant tenté de se faire pardonné d'avoir oublié leur dîner au restaurant. Oh! et puis tant pis. Après tout, il n'avait qu'a pas lui faire de cadeaux aussi insensés juste pour se racheter. C'était bien Edward, ça. Idiot. Comment interpréterait-il la déchirure abominable du tissu le long de son dos ?
    La déchirure, aussi, de la peau fine de son avant bras gauche.

    Aïe. C'était sûrement le plus douloureux.


    Heureusement qu'elle était à moitié consciente. Eut-elle reniflé l'odeur de son propre sang qu'elle se serait aussitôt évanouie.
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